20/09/2011

Le prix de la Grèce

De plus en,plus de voix en Europe s'élèvent, pour que l'on éponge la dette grec ( sans contrepartie bien évidemment ) sous prétexte que l'on doit tout à Ce pays, berceau de la civilisation occidentale. Bien évidemment ces personnes, n'auraient pas cette même idée pour éponger le dette US en prétextant que l'on doit aussi tout aux Etats-unis, plus particulièrement notre liberté, pour nous avoir libérés l'Europe du nazisme et préventivement du communisme. Mais bon; comme les Etats-unis sont très adorés de ce côté de l'Atlantique...Bref passons. Doit-on vraiment tout à cette Grèce de par son passé brillant? L'économiste Guy Sorman répond par un cour d'histoire que cette Grèce d'aujourd'hui qui s'est endetté entre-autres par des trucages de comptabilité publique, n'a absolument plus rien à voir avec la Grèce antique. Il est évident aussi que ceux qui pondent des idées aussi stupides ne sont pas non plus des créanciers de cette Grèce actuel.

" Le prix de la Grèce; par Guy Sorman économiste et professeur à science po "  

L'Etat grec est une invention des puissances européennes : voici pourquoi il est peu légitime au regard des citoyens grecs eux-mêmes. Cette invention de la Grèce, en 1830, éclaire les comportements des contribuables, peu pressés de payer leurs impôts, et d'un Etat jamais sevré de ses origines douteuses. Cette histoire contemporaine, mieux que des considérations comptables, éclaire la banqueroute qui menace. Tout avait commencé avec les Romantiques quand Chateaubriand, grand écrivain mais aussi menteur magnifique, puis Lord Byron crurent retrouver, en Grèce, les sources de la civilisation occidentale. Un malentendu dont nous payons les conséquences : s'il est exact que les Grecs contemporains vivent au même endroit que Aristote et Périclès, il n'existe guère de continuité entre la civilisation hellénistique et la Grèce moderne. La filiation avec Byzance, dont les Grecs modernes se réclament, est tout aussi ténue. Plus réaliste, Mark Twain, visitant Athènes en 1865, admit n’avoir rencontré que quelques bergers dont les moutons paissaient entre les colonnes écroulées du Parthénon. Ces Grecs, en vérité, étaient une tribu chrétienne parmi d'autres dans l'empire ottoman : mais à la manière dont Don Quichotte rêvait qu'une paysanne laide fut sa Dulcinée, des Européens insistaient pour qu’à tout prix, les Grecs fussent des Hellènes. On ne saurait reprocher aux Grecs d'en avoir profité : tout au long du dix-neuvième siècle, les finances de l'Etat grec furent soutenues par les Britanniques, les Français et les Allemands. Ces derniers payaient pour avoir imposé un prince allemand comme roi de Grèce en 1833 : ce descendant de bais du Grand Alexandre s’appelait curieusement Othon de Bavière et régnait sur une tribu ottomane.

C'est ainsi que la principale ressource du nouvel Etat grec devint l'exploitation du mythe hellénistique à charge pour les autres Européens de le financer. Alors même que l'Etat et l'économie grecs ne remplissaient aucune des conditions nécessaires à l'adhésion à l'Union européenne, la Grèce y entra dès 1981, avec le soutien particulier de Valéry Giscard d'Estaing, grand lecteur de Chateaubriand. "La Grèce, déclara-t-il, étant le berceau de la civilisation européenne, les artisans de l'Europe ont envers elle une dette historique". On a bien lu : ce n'est pas la Grèce qui ne rembourse pas ses dettes, c'est l'Europe qui a une dette. Il n'est pas douteux que la plupart des Grecs partagent cette haute idée d'eux-mêmes, puisqu'elle leur est assignée de l'extérieur. Et pourquoi rembourser la dette du jour aussi longtemps que la dette historique n'est pas soldée ?

La mystification, inépuisable, fut réitérée en 2001, quand la Grèce entra dans la zone euro sans satisfaire aucune des conditions d'accès. On accuse aujourd'hui les dirigeants grecs de truquer la comptabilité nationale, jusqu'au jour où les marchés financiers ont découvert l'imposture. Mais ce n'est pas exact : en 2001, les dirigeants européens savaient et confessaient, en privé, que les chiffres avancés par l'Etat grec étaient faux, mais il fallait symboliquement que la Grèce en fut. La dette historique là encore.

Et de nouveau, quand Athènes fut candidate aux Jeux olympiques de 2004, le Comité olympique international savait que la Grèce n'en avait pas les moyens, que les dettes ne seraient pas remboursées, mais comment refuser les Jeux Olympiques à Athènes, alors même qu'ils avaient été fondés là, ou par là, et réinventés par Pierre de Coubertin en 1896 ?

Pour toutes ces raisons, l'Etat grec ne se sent pas vraiment obligé de rembourser ses créanciers, de même que les citoyens grecs ne se sentent pas contraints de payer leurs impôts à cet Etat venu d'ailleurs. Certes, le gouvernement n'est plus allemand, ni militaire (depuis 1973), mais la République n'est pas complètement légitime pour autant : en raison de la corruption généralisée des politiciens, de l'inefficacité de l'administration, mais aussi - on en parle moins - parce que beaucoup de Grecs n'ont pas digéré la guerre civile de 1949, éteinte par une intervention militaire anglo-américaine. Ajoutez à cela, plusieurs millions de citoyens, contraints à parler grec, minorités culturelles à qui toute légitimité est déniée, alors qu'ils sont d'origine albanaise ou turque ! Au total, la base citoyenne, qui estime l'Etat grec légitime, est aussi fragile que la base économique qui, pour l'essentiel, est située "off shore", loin du fisc.

Pour toutes ces raisons historiques et culturelles, le gouvernement grec est conduit à multiplier des engagements qu'il ne pourra pas tenir - les impôts ne vont pas subitement affluer dans les caisses de l'Etat - ou ne voudra pas tenir - les privatisations retireraient à l'Etat son influence et  réduiraient le clientélisme - avec l'espérance implicite que les Européens céderont encore une fois à la fascination du mythe. L'issue est incertaine, puisque l'Europe souffre envers la Grèce d'un "complexe d'Oedipe" : si la Grèce est à la fois notre père et notre mère, il convient de tuer le mythe, que les Européens et les Grecs reconnaissent que la Grèce est un pays normal, afin de solder la Dette et de régler les dettes.

19:04 Écrit par Dominique Jordan dans Economie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note

Commentaires

A se demander si broyer le noir pour broyer le noire est une bonne idée

Écrit par : non | 20/09/2011

Je ne sais pas d'où proviennent les sources mais cet article est un vrai torchon.
A-t-il été rédigé dans un bistro autour d'une bière ?

Heureusement que le ridicule ne tue pas !

Merci de m'avoir fait rire !

Écrit par : Nicolas C. | 20/09/2011

@ Nicolas c.

" Heureusement que le ridicule ne tue pas ! "

Heureusement que le manque d'argument non plus.

D.J

Écrit par : D.J | 20/09/2011

A se demander jusqu'où peut aller la haine de la Grèce et de son passé.
Il est vrai que la culture gréco-romaine ne vaut la judéo-chrétienne soutenue et portée à bout de bras par des tartuffes de tous poils.

Écrit par : Hypolithe | 21/09/2011

C'est oublié un peu vite que les premiers à avoir brandi le mythe, celui d'une "Vieille Europe", sont justement les Républicains. Vous même, DJ, vous édifiez les Etats-Unis au rang de mythe, en associant définitivement ce pays au concept de liberté (Troy Davis doit apprécier). Au final, vous êtes comme les tenants d'un complot à propos du 11 septembre: vous ne vous informez qu'auprès des sources qui partagent votre conception du monde. Depuis que vous tenez ce blog, aucun doute jamais n'est venu traverser vos propos. Vous êtes l'homme sans doute, et dès lors on peut s'interroger sur la réalité d'une réflexion de votre part. La plupart du temps, vous ne servez que de chambre d'écho, ce qui pourrait amener à vous suspectez de travailler pour une quelconque officine de bourrage de crâne américaine. D'ailleurs, votre icône favorite fut longtemps celle du "bon petit soldat". Souhaitons qu'avec les années, DJ, vous puissiez conquérir votre indépendance intellectuelle...

Écrit par : Zorg | 21/09/2011

Jamais lu un ramassis de mensonges pareils....Ce Guy sormant ets il un transfuge de radio mille collines??

Écrit par : fandor | 21/09/2011

N'importe quel anthropologue vous dira que les grecs actuel n'ont rien à voire avec les anciens grecs. Leur héritage linguistique vient de l'église orthodoxe qui utilise le grec comme langue liturgique. Ce sont des population principalement slaves et bulgare sans oublié les albanais de souches qui ont été hellenisées par l'église orthodoxe. Mais la mystification à été tellement poussée que c'est presque peine perdue. Il suffit d'aller en grèce et parler avec les locaux pour se rendre compte du fossé entre l'idée qu'ils se font d'eux et la vérité.

Écrit par : Liliane | 21/09/2011

Même si c'étaient des descendant des grecs de l'antiquité, ce qui est complètement farfelu, au nom de quoi on devraient pas payer pour eux???? Ceux qui pensent le contraire n'ont qu'a envoyer leur argent au grecs.

Écrit par : Oriane | 21/09/2011

LA HONTE.
lA GEORGIE état symbole de l’Amérique rêvée du Dj assassine un afro-américain à la suite de vingt ans de prisons et de 3 simulacres d’exécutions, tout cela sans preuve et au dépend d'une contre -enquête qui incrimine un autre protagoniste .
La Honte suite aux commentateurs du précédent billet du même Dj qui ouvertement sont de nature de par leur racisme affirmé à être poursuivis pénalement .
Ce blog est définitivement une poubelle à phantasmes pour touts les sionistes , et autres exaltés des GOD et Tea Party defenders, je viens de rentrer de Boston et ce qui me rassure c'est que les DJ y sont exercés autant que par moi.

Écrit par : briand | 22/09/2011

C'est bon Briand? ça vous a calmé se défoulement de frustré?

D.J

Écrit par : D.J | 22/09/2011

Vous confondez frustration et indignation les frustrés s'avancent masqués dans leur commentaire, ce n’est pas man cas.
Les frustrés se calment par des propos orduriers ce n'est pas mon cas.

Écrit par : briand | 23/09/2011

Ou se situe la barrière entre frustration et indignation, les seconds ont la mémoire du passé tout simplement ,ce qui leur permet de comparer alors que les frustrés en très grands nombre ne voient plus la fin du tunnel de leurs préoccupations ,on ne peut évidemment pas leur donner complètement tort,surtout en lisant les médias plutôt axée sur le défaitisme que sur la joie de vivre

Écrit par : lovsmeralda | 23/09/2011

Si vous voulez renoncer la Grèce, vous pouvez tout simplement commencer par arrêtant de parler...D'ailleurs la plupart de vos mots ont une origine grecque.
Par la suite, vous pouvez commencer à vivre comme des Perses...Vous le seriez s'il n'était pas pour les grecs.

Tout cela pour vous, Monsieur Sorman. Mais je reste calme parce que je sais que la majorité du peuple francais ne partage pas votre opinion.


Une grecque d'Athènes.

Écrit par : L.F. | 27/09/2011

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